Santé mentale et gestion de l’obésité 2020-09-30T17:33:17-04:00

Santé mentale et gestion de l’obésité

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  • Soyez conscient.e.s* des liens entre les maladies de santé mentale et l’obésité, et assurez-vous de gérer les effets secondaires de la prise de poids en tant qu’effet secondaire aux médicaments utilisés lors de traitements de maladies en santé mentale.
  • Soyez conscient que les maladies de santé mentale peuvent avoir des contrecoups sur les efforts de gestion de l’obésité, et dépistez les patient.e.s* afin de détecter d’éventuelles maladies de santé mentale dont il faudrait s’occuper.
  • L’utilisation d’antipsychotiques « hors indication » devrait être évitée, puisque des effets métaboliques indésirables importants peuvent se produire, et ce même lorsque ceux-ci sont prescrits à de faibles doses.
  • Pour les patients atteints de maladies mentales sévères prenant du poids sous traitement antipsychotique, le glucagon-like peptide-1 (GLP-1) est le médicament ayant le plus de preuves d’efficacité et de sécurité parmi ceux indiqués pour la gestion de l’obésité chronique au Canada. Le coût peut devenir un obstacle pour les personnes essayant de se procurer cette classe de médicaments.
  • Lorsque vous commencez un traitement antipsychotique pour la première fois, évitez les médicaments à risque métabolique élevé dans la mesure où les personnes qui en sont à leur premier épisode réagissent bien, quel que soit le médicament prescrit (et sont également exposées à un plus grand risque de prise de poids).
  • Considérez la possibilité de changer de stratégie et d’opter pour un antipsychotique à faible responsabilité métabolique pour les personnes ayant une maladie mentale sévère prenant du poids sous traitement antipsychotique.
  • Pour les patients atteints d’une maladie mentale sévère prenant du poids sous traitement antipsychotique, la metformine peut être utilisée en association avec des interventions comportementales de perte de poids.
  • La thérapie comportementale de perte de poids, s’inscrivant idéalement dans le cadre d’une approche de traitement multimodale, pourrait être efficace afin de gérer le poids auprès des personnes souffrant de maladies mentales concomitantes. L’intensité de l’intervention comportementale devra augmenter pour les personnes présentant une psychopathologie plus sévère dans le contexte de l’obésité.
  • Les personnes ayant recours à une chirurgie bariatrique devraient effectuer un bilan de santé mentale avant l’opération par un médecin bariatrique qualifié doté d’une expérience en santé mentale, afin de rapidement déterminer les facteurs de risque concernant une faible perte de poids ou une détérioration de la santé mentale.
  • Après le dépistage préopératoire, les personnes devraient bénéficier d’une surveillance continue de la part d’un.e professionnel.le* de la santé afin de détecter tous symptômes psychiatriques, pathologie alimentaire et toxicomanie, ainsi que toute idée suicidaire ou d’automutilation après une chirurgie bariatrique. Pour les personnes qui poursuivent leur médication psychiatrique après l’opération ; la surveillance des effets thérapeutiques devient essentielle au maintien de la stabilité psychiatrique.
  • Pour les personnes qui reprendraient du poids après une chirurgie bariatrique, les interventions psychosociales devraient être recommandées afin s’occuper des symptômes psychiatriques comorbides tels que la dépression et la psychopathologie alimentaire qui interférent avec la gestion de l’obésité, ainsi que pour appuyer le changement comportemental à long terme.
  • Pour les personnes ayant un trouble de l’alimentation et d’obésité ou de surpoids, la lisdexamphétamine est indiquée pour réduire la pathologie alimentaire. L’utilisation de topiramate, hors des conditions prévues par l’étiquette, s’est également avérée utile.
  • Compte tenu de la prévalence des problèmes de santé mentale chez les personnes ayant une obésité, nous recommandons le dépistage de ces problèmes (en mettant l’accent sur la dépression, les troubles de l’alimentation et l’hyperactivité avec déficit de l’attention) chez tous les patients cherchant un traitement à l’obésité.
  • Nous recommandons que dans les cas de patients ayant l’obésité et un diagnostic de santé mentale, des évaluations des comorbidités soient faites.
  • Les médecins devraient être conscients de la prise de poids et des risques cardiométaboliques associés à l’utilisation d’antipsychotiques non autorisés.
  • Les médicaments actuellement approuvés contre l’obésité peuvent être utiles aux patients ayant un problème de santé mentale de sorte qu’ils devraient être administrés en fonction de leur pertinence clinique.
  • Les professionnels de la santé devraient envisager l’utilisation de la lisdexamfétamine et le topiramate pour réduire la pathologie alimentaire et le poids dans le cas de personnes ayant un surpoids ou une obésité avec des troubles de l’alimentation (Binge Eating Disorder, BED – Boulimie, hyperphagie). Pour ces personnes vivant avec un surpoids ou une obésité ayant des troubles de l’alimentation, les médicaments suivants sont efficaces pour réduire la pathologie alimentaire et le poids : la lisdexamfétamine, le topiramate, ainsi que les antidépresseurs de deuxième génération ISRS, la duloxétine et le bupropion. Ces médicaments sont efficaces pour réduire les pathologies alimentaires, mais leur effet concernant la perte de poids est moins certain.
  •  Nous recommandons aux médecins de conseiller et de soutenir les patients en matière de thérapie comportementale visant à perdre du poids, et ce préférablement comme faisant partie intégrante d’une intervention multimodale, afin de gérer la perte de poids chez les patients ayant une comorbidité de la santé mentale.
  • Nous recommandons de proposer des interventions plus intenses (c.-à-d. : à long terme) et axées sur le comportement, telle que la thérapie cognitivocomportementale, pour ceux qui souffrent d’un trouble de l’alimentation important et des symptômes dépressifs en contexte d’obésité.
  • Les patients ayant recours à la chirurgie bariatrique devraient faire l’objet d’un dépistage des comorbidités de santé mentale. La présence active d’un trouble psychiatrique n’exclut pas les patients d’avoir recours à une chirurgie bariatrique, cependant cela justifie une évaluation plus approfondie d’effet potentiel par rapport à leur perte de poids à long terme.
  • Les patients devraient être mis sous surveillance de manière à détecter tous changements dans leur consommation de substances et ceux-ci devraient également être informés des modifications du métabolisme de l’alcool suite à un pontage gastrique de Roux-en-Y pour l’obésité et être appuyés par un système de surveillance de l’évolution de leur consommation d’alcool en post-chirurgicale.
  • Surveillez les changements tant pour la consommation de substances, le risque d’automutilation et les idées suicidaires après une chirurgie bariatrique est recommandée compte tenu des répercussions négatives potentielles que cela peut avoir sur les résultats qu’obtiendront les patients après une chirurgie bariatrique.
  • Nous recommandons de surveiller l’apparition de symptômes psychiatriques postopératoires précoces, d’automutilation, d’idées suicidaires et de pathologie alimentaire pour les patients ayant subi une chirurgie bariatrique, étant donné les répercussions sur les résultats de la perte de poids.
  • Les patients devraient passer une évaluation psychosociale avant la chirurgie bariatrique par un clinicien bariatrique expérimenté. L’évaluation devrait se poursuivre après la chirurgie bariatrique et pourrait inclure l’utilisation soit de mesures administrées par le clinicien, soit de mesures d’auto-évaluation par le patient.
  • Nous recommandons un suivi pharmacologique psychiatrique après une chirurgie bariatrique en raison des modifications potentielles de l’absorption des médicaments, ainsi que de leur effet thérapeutique, en particulier dans le cas d’interventions chirurgicales malabsorptives. Concernant les médicaments psychiatriques à index thérapeutique restreint, nous préconisons l’utilisation des protocoles offerts de manière à gérer les niveaux périopératoires.
  • Nous recommandons des interventions comportementales et psychologiques post-chirurgie bariatrique afin d’appuyer le maintien de la perte de poids et de prévenir une importante reprise de poids après la chirurgie bariatrique.
  • Les membres des équipes de chirurgie bariatrique devraient se concentrer sur des stratégies visant l’amélioration de l’implication des patients lors de la période de suivi post-opératoire, particulièrement pour les groupes de patients à haut risque.
  • Nous recommandons une vérification périodique du poids, de la glycémie et du bilan lipidique chez les personnes atteintes de problèmes de santé mentale qui prennent des médicaments associés à un gain pondéral. (Niveau 3, catégorie C)
  • Les professionnels de la santé peuvent tenir compte de l’efficacité et des effets pondéraux des médicaments qu’ils souhaitent prescrire pour un problème de santé mentale. (Niveau 2a, catégorie B)
  • La metformine et les interventions psychothérapeutiques, telles que la thérapie cognitivo-comportementale, sont à envisager en prévention du gain pondéral chez les personnes souffrant d’un grave problème de santé mentale traitées au moyen d’antipsychotiques associés à un gain pondéral. (Niveau 1a, catégorie A)
  • Les professionnels de la santé devraient envisager la lisdexamfétamine et le topiramate en complément de la psychothérapie pour atténuer un trouble alimentaire et le gain pondéral en présence d’embonpoint ou d’obésité accompagnée de boulimie hyperphagique. (Niveau 1a, catégorie A)
  • Il existe des liens clairs entre les problèmes de santé mentale et le poids. S’il vous plaît, assurez-vous que votre professionnel.le* de la santé connaît quels sont les traitements auxquels vous avez recours pour soigner ces problèmes.
  • Les personnes ayant un problème concomitant de santé mentale devraient recevoir une thérapie comportementale en même temps qu’une approche de traitement multimodal afin de gérer l’obésité.
  • L’apparition précoce de symptômes psychiatriques ou de difficultés alimentaires à la suite d’une chirurgie bariatrique pourrait influencer négativement la perte de poids après une telle l’intervention chirurgicale. De manière à mieux soutenir les personnes nécessitant une chirurgie bariatrique, il conviendrait de procéder à un dépistage de leur état de santé mentale avant cette l’intervention chirurgicale et de faire appel à une équipe interprofessionnelle afin d’établir et de gérer les symptômes psychiatriques ou les difficultés alimentaires qui pourraient survenir après l’opération.
  • Considérant les risques potentiels tels que les rechutes de symptômes psychiatriques, la hausse du risque de problèmes de consommation de substances (comme l’alcool) ainsi que le risque potentiel de suicide ; les personnes nécessitant une chirurgie bariatrique devraient être informées des changements du métabolisme de la consommation d’alcool, de l’absorption de médicaments psychiatriques ainsi que de l’importance du suivi de la santé mentale après une chirurgie bariatrique.
  • Les médicaments antipsychotiques ne devraient pas être systématiquement prescrits (surtout à long terme) pour des problèmes de sommeil ou d’anxiété.
  • Si vous prenez ou avez pris du poids alors que vous prenez un antipsychotique et que même après avoir changé vos comportements, cela n’ait pas été suffisant, la metformine pourrait être utilisée pour vous aider à prévenir une nouvelle prise de poids et/ou à réduire votre poids.
  • Les premières études suggèrent que parmi les médicaments approuvés au Canada pour la gestion de l’obésité à long terme, SAXENDA® le (liraglutide) est celui qui obtient le plus de preuves concernant l’aide à réduire la prise de poids due aux médicaments antipsychotiques.
  • Si vous prenez du poids à cause d’un médicament antipsychotique, vous pouvez demander à votre médecin s’il n’y aurait pas un autre antipsychotique qu’il pourrait vous prescrire sans danger et qui aurait moins de risque de prise de poids. Notez que cette décision doit être prise en collaboration avec votre médecin, en prenant bien soin de prendre en considération tous les autres effets secondaires potentiels/tolérabilités ainsi que d’éventuels risques d’aggravation pour votre santé mentale.
  • En cas d’hyperphagie boulimique (« binge eating disorder »), deux médicaments, la lisdexamfétamine et le topiramate, peuvent être utiles afin de réduire vos épisodes d’hyperphagie et votre poids.

Valerie H Taylor MD PhDi, Sanjeev Sockalingam MD, MHPEii, Raed Hawa MDiii, Margaret Hahn MD PhDiv

i) Department of Psychiatry, University of Calgary

ii) Department of Psychiatry, University of Toronto; Centre for Addiction and Mental Health; University Health Network

iii) Centre for Mental Health, University Health Network; Department of Psychiatry, University of Toronto

iv) Centre for Addiction and Mental Health, Complex Illnesses

Il est possible de consulter la liste complète des conflits d’intérêts des auteurs et des autrices en visitant le site internet du CMAJ, HERE

Notez que ce document est protégé en français et en anglais par la licence du Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International License (CC BY-NC-ND 4.0). Veuillez communiquer avec guidelines@obesitynetwork.ca / +1-(780) 492-8361 pour les questions de reproduction ou toutes autres questions.

Le résumé des lignes directrices canadiennes de pratique clinique de l’obésité chez l’adulte est publié dans le Canadian Medical Association Journal. Ce dernier contient toutes les informations concernant la méthodologie complète, la liste des conflits d’intérêts des auteurs et autrices, un bref survol des recommandations et bien d’autres détails. Veuillez prendre note que la ventilation complète des informations concernant chacun des chapitres est hébergée sur le site internet d’Obésité Canada en version originale anglophone à : www.obesitycanada.ca/guidelines.

* N.-B.: L’utilisation du genre masculin a été adoptée pour le reste du texte afin de faciliter la lecture et n’a aucune intention discriminatoire.

** Notez que nous avons traduit les messages clés, ainsi que les recommandations issues des lignes directrices; tandis que les chapitres complets et le matériel complémentaire sont disponibles uniquement en version originale anglophone.

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