Les personnes vivant avec l’obésité sont discriminées

Les personnes vivant avec l’obésité sont discriminées 2019-09-09T13:34:10+00:00

Bulletin d’Obésité 2019

Bulletin sur l’accès

Le second bulletin d’Obésité Canada qui évalue l’accès au traitement conclut que les Canadiens affectés par l’obésité continuent d’être ignorés par les systèmes de santé, par les responsables des politiques de santé et par les employeurs, comparativement aux personnes nécessitant un soutien pour d’autres maladies chroniques.

« Cette disparité expose les quelques six millions de Canadiens susceptibles d’être affectés le diabète de type 2 et l’hypertension, l’apnée du sommeil, le reflux gastro-œsophagien, la dépression, l’anxiété et autres. Cela les expose également aux conséquences des préjugés et de la discrimination à l’égard du poids, que ce soit à leur domicile, au travail, dans les médias ou à l’école. Ne pas reconnaître l’obésité comme une maladie chronique, c’est jouer à l’autruche et se mettre la tête dans le sable », d’affirmer le Dr Arya M. Sharma, le directeur scientifique d’Obésité Canada.

Un meilleur accès aux soins

À l’exception du Québec qui s’en tire avec un D, toutes les provinces offrant des chirurgies bariatriques obtiennent un F en ce qui concerne l’accès à ces chirurgies. D’après le Bulletin 2019 sur l’accès au traitement de l’obésité au Canada, la chirurgie bariatrique est accessible à 1 patient éligible sur 96 au Québec comparativement à 1 sur 154 en Ontario, 1 sur 428 au Manitoba et 1 sur 1073 en Nouvelle-Écosse, qui se classe bonne dernière à ce chapitre.  Le plus récent Bulletin reconnaît que les délais d’attente entre la consultation pré-intervention et la chirurgie bariatrique s’améliorent globalement depuis 2017 et se situent entre 6 et 12 mois dans la plupart des juridictions.

Comme ce fut le cas dans la lutte anti-tabagisme, le gouvernement fédéral, celui des provinces et des territoires et dans une plus grande mesure les assureurs privés, doivent reconnaître et permettre le remboursement des substituts de repas utilisés par les patients, qui paient de leur poche entre 1000$ et 2000$ par mois.  Il en va de même pour les médicaments anti-obésité dans le cadre d’un traitement de gestion de poids sous supervision médicale.

Un travail d’équipe

« La prise en charge par des équipes interdisciplinaires, généralement composées de médecin, d’infirmier(e), d’un(e) diététiste, d’un(e) kinésiologue, d’un(e) travailleur social ou d’un(e) conseiller(e) psychologique, devrait être étendue aux soins primaires et spécialisés et ne pas se limiter aux patients inscrits dans le processus de chirurgie bariatrique.  Des programmes de formation, notamment de l’American Board of Obesity Medicine, sont aussi disponibles afin d’accompagner les professionnels en soins bariatriques », de conclure la Dre Marie-France Langlois, endocrinologue au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, professeure à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke et chercheuse au Centre de recherche du CHUS.

Obésité Canada (anciennement appelé Réseau canadien en obésité) est la voix autorisée au Canada en matière d’approches fondées sur des données probantes pour la prévention, le traitement et les politiques relatives à l’obésité. Actuellement, l’organisme compte plus de 20 000 professionnels parmi ses membres et plus de 25 000 sympathisants dans le public. Notre mission consiste à améliorer la vie des Canadiens affectés par l’obésité en faisant la promotion de l’antidiscrimination, de la prévention et du traitement.